Nos petites entreprises connaissent bien la crise…

Comme certains le savent, je suis sur le point de racheter une petite entreprise, un peu désuète, industrielle, à la campagne, pas bien rentable, bref, pas à la mode. Mais j’ai tiré de cette recherche quelques enseignements.

Montage 1. Les PME industrielles sont à la campagne, la partie de France qui se désertifie, où les vieilles maisons ne valent pas grand chose, où les affres de la pollution sont négligeables (malgré les atroces feux de broussaille :-)). Chaque PME qui ferme fait plus de tort à la politique d' »aménagement du territoire » que 20 ans de politique volontariste socialiste.

2. Les PME industrielles emploient des ouvriers peu qualifiés, qui commencent à bosser à 16 ans, et espèrent que leur boîte ne fera pas faillite avant qu’ils n’atteignent l’âge de la retraite. Il y a moins d’absentéisme et quasiment jamais de débrayage « social » (bref, ils ne sont pas l’ouvrier rêvé de Mélanchon). Chaque PME qui ferme fait plus de tort à l’emploi des jeunes et des ouvriers peu qualifiés, principales victimes du chômage de masse en France.

3. Les PME industrielles sont souvent des affaires familiales. Avec beaucoup d’actifs, de la trésorerie et peu de dettes. Mais une rentabilité plutôt faiblarde. On n’est pas dans la start-up high-tech gonflée à coup de « tours de tables », « business angels » et dette abyssale. Du coup, elles sont chères à racheter (vu l’importance des actifs) par rapport à l’argent qu’elles rapportent. Les solutions se trouvent alors en interne, avec les enfants du patron. Mais les frais de succession tuent plus de PME que Ségolène Royal pourra essayer d’en sauver à coup d’argent public.

4. Les PME industrielles sont souvent fondées par des gens armés d’un solide CAP, moins par les diplômés d’HEC. Amener 90% d’une classe d’âge au Bac, c’est se priver des entrepreneurs de demain. Dénigrer l’enseignement technique, c’est briser l’estime de soi de milliers de gars qui rament pour décrocher leur DEUG en sociologie, aux frais de Papa Maman. Ils pourraient à la place avoir une vie plus exaltante dans un atelier de 10 personnes.

5. Les PME industrielles avancent à coup de sueur et de régularité. Chaque client gagné, un par un. Chaque jour qui passe, avec les emmerdes qui volent toujours en escadrille. Ce n’est pas le règne du positionnement marketing, des coups financiers, de l’investissement porteur, du strass et de la fête. Chaque PME qui ferme laisse toujours plus de gens simples, honnêtes et travailleurs sur le carreau, pour laisser la vedette aux banquiers d’affaires et leur bonus, aux incompétents qui choisissent la carrière politique et aux stars des télé-crochets.

Bref, la France que j’aime ne finit pas de s’enfoncer pour être remplacée par celle bruyant et bigarrée des amuseurs publics, des profiteurs professionnels, des régulateurs patentés, des publicitaires cocaïnomanes et des fortunes fulgurantes.

Rendez-nous la France d’avant…

 

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Catégories :Economie

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3 réponses

  1. La France d’avant (celle du général de Gaulle, par exemple), consacrait 35 % seulement de son PIB à la dépense publique, contre 56 % aujourd’hui. Il ne faut pas chercher plus loin les raisons du marasme. Quand il faut donner à manger à un monstre fonctionnarial et allocataire qui bouffe plus de la moitié de la richesse du pays, évidemment que les petites PME ne sont pas rentables.

    D’où viennent le salaire des fonctionnaires, les subventions et les allocations qu’ils dispensent, sinon d’une ponction sur la production des entreprises ?

    • S’ils se contentaient de taxer, ça serait simple. Le plus pénible est d’être soumis aux oukazes des inspecteurs qui n’ont aucune idée des répercussions dramatiques de leur décision.
      Un ami voulait lancer un site de formation pour installateurs de photo-voltaïque. L’agrément lui a été refusé parce que le site n’était pas accessible aux handicapés. il a eu beau argumenter que les installateurs n’étaient pas, par définition, handicapés moteur, rien n’y a fait. Le site n’a jamais vu le jour!

      • Je suis en train de lire l’ouvrage de Philippe Eliakim « absurdités à la française » qui justement traite des normes et de leur application délirante en France.
        C’est à rendre fou de rage.

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