Pourquoi j’irai (encore) manifester dimanche prochain à Paris

Je serais tenté de répondre, pour défendre les enfants et la famille, pour lutter contre la PMA et la GPA et pour toutes les autres raisons reprises par les slogans et les chansonnettes.

Un peu, peut-être aussi, par habitude.

L’habitude qui me pousse à prendre la route, après une semaine passée à courir pour payer nos charges et nos impôts, avec un voiture remplie d’enfants qui trainent des pieds et la joie et la bonne humeur qui va avec, pour arriver tard ou tôt (cela dépend) dans un Paris encombré et camper chez des amis en attendant le signal de départ.

Tout cela est certes vrai, mais ce n’est pas « la » raison pour gaspiller encore du temps, de l’énergie et de l’argent (qu’on n’a pas) pour aller battre les pavés face à un gouvernement sourd et menaçant.

La véritable raison est que je suis un réactionnaire.

5octobre

Lorsqu’un malade est mourant et qu’il réagit cela veut dire qu’il revient, quelque peu, à la vie. C’est un signe, aussi faible soit-il, de vitalité.

Il m’a été donné de vivre dans un monde malade, et je souhaite, à ma façon et avec mes limitations, le faire réagir.

A partir du moment où l’homme rejette toute idée de transmission, où il baigne dans un relativisme dans laquelle toutes les théories et réalités sont interchangeables et peuvent chacune, à sa manière, trouver une justification particulière, l’homme devient fou, car il n’a plus de repères.

Le fou est celui qui cherche sans limites, de manière paradoxale, des limites à son action.

D’après l’admirable définition donnée par Chesterton, le fou est celui qui a tout perdu, sauf la raison.

Notre société a tout perdu, sauf la raison. Chaque fait, chaque théorie est analysée, discutée, raisonnée, mais de manière isolée et sans créer de liens entre les choses.

La raison de notre société occidentale est coupée toute attache avec la Vérité. Notre société est donc folle.

Notre époque, qui berce dans les lumières, assombrit sans cesse les cœurs et les intelligences des hommes. Jamais avant nous, l’homme n’avait connu un tel obscurantisme.

Dimanche j’irai manifester à Paris.

Un de plus parmi tant d’autres.

J’irai seulement pour crier que je ne suis pas encore mort, puisque je réagis.

J’irai pour m’assurer d’être encore sain d’esprit dans cet immense asile d’aliénées qu’est devenue notre société.

J’irai pour dire que coule dans mon sang le sang de romains, de croisés, de rois et de mendiants, le sang des saints, des bâtisseurs et des chevaliers, le sang de laboureurs, de forgerons, le sang distillé par cent guerres et combats, le sang de toute une civilisation occidentale et chrétienne qui se résiste à mourir sans avoir dit son dernier mot.

Et dans le sourire des inconnus qui défileront à mes côtes  je retrouverai le sourire franc et fraternel que peuvent échanger les hommes avant les combats décisifs et la fierté et le panache de ceux qui livrent une bataille pour l’honneur, sans avoir la certitude de savoir s’ils l’emporteront face à l’ennemi.

Santiago Muzio

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Catégories :Idéologie, Société, Tribune Libre

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