Critique non-libérale du SMIC à 1700 euros

Jean-Luc Mélenchon a raison de dire que le SMIC à 1000 euros ne permet pas à de nombreux salariés de vivre « dignement ». Le Medef a aussi raison de dire que toute augmentation du SMIC entraînerait une perte de compétitivité des entreprises qui engendrerait chômage et in fine pauvreté.

La pire solution serait de tenter un consensus entre ces deux propositions. La meilleure serait probablement de prendre le problème à l’envers.

clochard

1. Vivre « dignement », kézako?

Dans une approche purement économique, vivre « dignement » serait de garder une marge de manœuvre financière qui nous permette de faire des projets et de considérer l’avenir de façon moins sombre. Mélenchon le traduit par « il faut gagner plus que ce que l’on dépense », d’où la proposition du SMIC à 1700 euros.

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Part des salariés touchant le SMIC en France (1995-2005)

Le SMIC est passé en France de 5,64 euros en 1995 à 8,03 euros en 2005. L’impact sur le chômage et la richesse des Français est absolument nul, si ce n’est contre-productif. La proposition de Mélenchon doit être oubliée, mais cela ne résout pas le problème de la pauvreté endémique des travailleurs modestes.

On pourrait facilement renverser la proposition initiale de Mélenchon pour obtenir « il faut dépenser moins que ce que l’on gagne ». C’est sûr, ce n’est pas une approche très consumériste, mais consumérisme et industrialisation sont des pré-supposés dans la doctrine communiste.

Ce n’est pas une approche très libérale non plus puisque l’Etat va devoir jouer un rôle prépondérant dans ce changement.

 

2. Les classes modestes sont les plus touchées par le consumérisme

Je ne m’étends pas sur le sujet, les vendeurs de TV plasma, de voitures de sport, de crédit consommation aux taux exorbitants, de vacances exotiques à prix cassés (et autres produits aussi inutiles que cher)s vous en parleront mieux que moi.

 

3. Les classes modestes sont les plus touchées par la hausse de l’immobilier

Selon l’INSEE, « Entre 2005 et 2010, les dépenses de logement par ménage, ont augmenté de 17 % en moyenne, soit 4 points de plus que le niveau de vie moyen (tableau 2). Cette évolution est bien plus marquée pour les accédants à la propriété (+ 26 %), dans un contexte d’envolée des prix immobiliers. Au cours des années 2000, en effet, les prix des logements anciens ont plus que doublé. »

Les classes modestes en sont réduites à devoir quémander un logement social, devenant les clients électoraux d’un « état thérapeutique », qui se glorifie de soigner les maux qu’il a lui-même créé.

Parmi les causes de la hausse de l’immobilier, on peut citer dans le désordre:

  • la hausse continue des normes de construction
  • l’expansion délirante des droits des locataires (avec la cerise Duflot sur 40 ans de gâteau technocratique) qui bloque une partie du marché locatif
  • la désaffection pour les logements communs de type immeuble pour les zones pavillonnaires (un des dégâts du « vivre-ensemble »)
  • l’augmentation sans précédent de la population de France métropolitaine depuis la seconde guerre mondiale (39M d’habitants en 1947, 65M aujourd’hui…) qui pèse sur la demande de logement

 

4. Les classes modestes sont les plus touchées par l’arrivée massive de nouveaux immigrants

Dans ce contexte de forte croissance externe (le taux de natalité des Françaises étant en chute libre), les zones péri-urbaines sont devenues invivables pour les ménages modestes. Ces derniers s’installent alors en huitième couronne, pour bénéficier de calme dans leur pavillon, en échange de 3 heures de transport en commun par jour.

 

5. Les classes modestes sont les plus touchées par la désagrégation de la société

Dur d’élever ses enfants quand les deux parents travaillent, quand la télévision est en permanence allumée, quand personne ne croit ni à Dieu ni à Diable, quand les profs sont au bord du suicide, que le toubib est parti, que le week-end se passe à la zone commerciale, quand aucune idéologie ne promet plus de lendemains qui chantent. Sans compter le fait que les boulots d’employés ou d’ouvriers au SMIC sont souvent répétitifs, aliénants, où l’homme ne peut trouver de grandeur dans son travail. Passer ses journées à attendre le soir, ses semaines à attendre le week-end, son année à attendre les vacances, sa vie à attendre la retraite, il y a de quoi douter de l’avenir.

De quoi arrêter la filiation culturelle chère à Pierre Legendre, qui fait qu’une civilisation survit et grandit même dans ses moments les plus mortifères.

 

Conclusion:

Plutôt que de tenter une amélioration des revenus des classes modestes par une augmentation arbitraire du SMIC (ce qui est contre-productif), il faut agir sur une baisse de leurs dépenses:

– limitation drastique de la publicité

– diminution substantielle des normes de construction de l’immobilier

– démantèlement des lois de protection des locataires

– arrêt des vagues migratoires

– promotion du mythe national, de la matière de France

 

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Catégories :Economie

6 réponses

  1. bonjour François !
    nous vous relisons avec plaisir !

    oui j’ajouterai un petit exemple issu de mes constatations d’ouvrier :
    ils ont tous un iphone dans leur poche et ils se trouvent pauvre
    je suis aussi stupéfait par le nombre de collègues autour de moi qui travaillent
    et qui estiment comme NORMAL de toucher une alloc, un crédit d’impôt …

    cordialement

  2. Pour les causes de la hausse des prix de l’immobilier vous tapez juste, mais j’en ajouterais une cinquième : le nouvel ordre familial. J’ai .tout expliqué ici.

  3. Limitation drastique de la publicité ? Voilà qui va certainement rendre plus rentable la PME que vous venez d’acheter…

    Les classes modestes achètent plus de voitures de sport que les riches ? Vous êtes sûr ? J’espère que vous n’avez pas racheté un concessionnaire automobile… Ou alors, faites-vous seconder d’un solide directeur du marketing…

    Promotion du mythe national, de la matière de France ? Ca veut dire quoi, en français ? Vous voulez dire que les gouvernements successifs ne font pas suffisamment de propagande ? Vous en voulez encore plus ? Vous pensez qu’on ne nous casse pas encore assez les oreilles avec les « valeurs républicaines » ? Vous trouvez que les manuels scolaires ne contiennent pas suffisamment de mensonges ? Vous pensez que la mission du gouvernement est de raconter des histoires aux Français, au lieu de leur dire la vérité ? Vous pensez qu’il faut enfumer les gens avec de l’idéologie ? Vous pensez que la solution à nos problèmes est de créer un ministère de l’Histoire Officielle ? Comme s’il n’existait pas déjà ?

Rétroliens

  1. Ce nouvel ordre familial qui nous met à la rue | Kolia Karamazov
  2. Ce nouvel ordre familial qui nous met à la rue | Le Christ ou le chaos

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