Le manifeste lesbien de 1999, feuille de route du Gouvernement

Lors du meeting de La Manif Pour Tous à Lyon en décembre dernier, Patrick Louis avait brillamment exposé aux 1 200 participants la tactique des idéologues qui nous gouvernent. Cette tactique est dite celle du salami et du frigidaire.

Le salami est trop indigeste pour être avalé d’un coup. Il faut donc le découper en fines tranches pour que vous puissiez le déguster en entier. Seuls les gens avec un tantinet d’esprit critique (soit moins de 5% de la population) se rendent compte qu’ils ingèrent cet infâme salami, de bout en bout, et sans moufter.

Quand vous déplacez un frigidaire, vous êtes obligé de le bouger dans tous les sens, un coup à droite, deux coups à gauche, un en arrière, trois en avant. Chaque mouvement semble désordonné, mais vous savez bien où vous aller le mettre, votre frigidaire.

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Pour les questions « sociétales », j’ai l’honneur de vous montrer le salami intact et de désigner le point exact où ils veulent emmener le frigidaire. Tout est contenu dans « Le Manifeste Lesbien de 1999 ».

« L’homophobie comme nouveau racisme »

Les modèles sexués créent des identités différentes, celles-ci sont d’autant plus fortes que les avantages et interdits liés à ces modèles sont tranchés. Les phénomènes identitaires créent alors de la peur, de la haine et du mépris envers tout ce qui pourrait remettre en cause ces modèles sexués.  

  1. L’inscription du libre choix de la sexualité parmi les principes fondamentaux de la République (code civil).

  2. Une loi anti-sexiste au même titre que le racisme.

  3. Une loi contre la lesbophobie et l’homophobie au même titre que le racisme.

  4. Une loi qui oblige au respect des droits de la personne dans les médias, la publicité et les éditions pour enfants

L’école comme vecteur privilégié

  1. Au sein des professions susceptibles d’agir sur ces discriminations : enseignant-e-s, éducateur-trice-s, médecins, policier-e-s, magistrat-e-s, journalist-e-s, personnel de l’administration…

  2. A la disposition des parents et des futurs parents afin qu’ils puissent réagir sans drame lorsqu’ils prennent connaissance de la sexualité de leur-s enfant-s, en particulier de leur homosexualité

  3. Par l’élargissement du champ des lois anti-discriminatoires :

  4. Pas de discriminations des associations gaies et lesbiennes dans les subventions, leurs agréments et dans leurs fonctions au sein des municipalités.

  5. Pas de discriminations dans les médias en catégorisant l’homosexualité en pornographie.

  6. Pas d’assimilation à une déviance ou à de la pédophilie.

 

La fumeuse théorie du Genre

Nous demandons une éducation non normative en “ genre ” féminin/masculin : ne réservons pas par exemple aux garçons certains jeux.

La remise en cause des genres suppose des actions d’envergure dans le domaine éducatif, ceci dès le plus jeune âge.

Nous dissocions les notions de sexe, de genre et de sexualité.La confusion de ces trois notions et les modèles que cette confusion génère créent des interdits pour chacun-e. Devons-nous répéter que les homosexuel-le-s ne changent pas de genre en vivant leur sexualité (une gouine n’est pas “ un camionneur ” et un pédé n’est pas une “ femmelette ”) ?

Nous sommes partisanes d’une société non genrée.

Nous proposons des mesures d’éducation et d’information contre les discriminations liées au genre et aux sexualités :

  1. Formations sur une éducation non normative en genre au sein des enseignants, par leur sensibilisation aux attitudes différentes selon le sexe de l’enfant et aux conséquences discriminatoires de celles ci.

  2. Par des campagnes d’information sur une éducation non normative en genre, à destination des parents et des futurs parents, en les responsabilisant sur les conséquences des modèles et interdits liés au genre pour les choix personnels et professionnels de leurs enfants.

  3. Par des cours d’éducation civique élargis à l’apprentissage de la tolérance envers les minorités, où le lesbianisme et l’homosexualité seraient présentés comme étant une des sexualités possibles au même titre que l’hétérosexualité.

  4. Dans l’enseignement, par une attention toute particulière portée aux mots et aux expressions employés, le langage entretenant une situation de fait dans les cours et dans les manuels scolaires.

  5. Par des campagnes d’informations dans les écoles sur les filières et les métiers scientifiques et techniques particulièrement à l’intention des filles en les corrélant à une politique d’encouragement auprès des entreprises.

Nous proposons à court terme des mesures pour une plus grande liberté et protection de la vie privée de l’individu-e :

  1. Une loi permettant aux transsexuels d’obtenir sans action judiciaire leur changement de sexe à l’état civil

  2. Une loi permettant aux transsexuels de choisir leur genre et leur prénom à l’état civil sans obligation d’adéquation au sexe biologique.

Souhaitant une société non genrée, nous proposons à terme des mesures :

  1. pour que le sexe de la personne soit une information confidentielle avec, entre autres, la disparition de cette information sur les papiers d’identité.

 

Loi contre la prostitution

Nous demandons à ce qu’au niveau européen (bah tiens!) des mesures soient prises pour l‘application de la libre disposition de son corps :

  1. Que le trafic d’êtres humains et le proxénétisme soient considérés comme un crime passible des plus lourdes peines, au même titre qu’un homicide,

  2. Que des centres d’accueil et de réinsertion pour les femmes voulant quitter la prostitution soient mis en place

L’homosexualité comme droit de l’homme et l’homophobie comme crime de guerre (sic!) (cf. rapport Lunacek discuté le 4 février en Europe)

L’Union Européenne, de par sa place maintenant majeure dans la communauté internationale, peut et se doit de faire pression sur les pays transgressant la charte universelle des droits de la personne humaine, particulièrement en ce qui concerne les femmes, les lesbiennes et les gais

Pour une politique de solidarité :

  1. Par la reconnaissance du droit d’asile pour toutes les personnes persécutées dans leurs pays, pour des raisons liées à leur orientation sexuelle ou à leur sexe.

  2. Par des moyens accrus attribués au tribunal pénal international contre les crimes de guerre.

     

 

Mettre les femmes au boulot (c’est le patron qui va être content)

Pour lutter contre ces discriminations, nous proposons plusieurs types d’actions :

  1. Rendre obligatoire un congé parental d’égale durée aux deux parents après la naissance d’un enfant.

  2. Autoriser les associations anti-sexistes et anti-homophobie, comme les associations anti racistes, à se porter partie civile en cas de conflit concernant les classifications, qualifications, promotions et licenciements.

  3. Limiter le temps partiel en dessous de 80% (ce temps partiel étant presque toujours imposé aux femmes), en supprimant tous les abattements liés à ces emplois et en surtaxant les entreprises.

  4. Supprimer l’allocation parentale d’éducation.

 

Les couples (nous sommes en 1999)

Nous dissocions la sexualité, l’alliance, la procréation et la filiation : aucune de ces notions n’en impliquant forcément une autre, libre aux individu-e-s de les associer ensuite ou non. Libre à tous et toutes de vivre seul-e-s, à deux ou à plusieurs, aucun modèle de vie ne pouvant s’ériger en norme.

Nous demandons:

  1. L’accession au mariage pour les couples de même sexe.

  2. La disparition du statut d’Etat Civil de la femme (madame, mademoiselle).

  3. La suppression du foyer fiscal au profit d’une imposition séparée.

  4. L’égalité fiscale entre les célibataires, les divorcées, les mariées et les veuves.

 

La « parentalité » (ils écrivent le dictionnaire 15 ans avant)

Actuellement, dans le modèle familial traditionnel, le père se trouve dans un rôle de chef de famille et la mère dans des rôles de reproduction et d’amour énoncés comme naturels. Les résistances à la parentalité des lesbiennes et des gais sont fortes car c’est ce modèle familial qui se trouverait alors bouleversé

Demander l’égalité des droits en terme d’alliance pour les homosexuel-les, suffit-il aujourd’hui à répondre à toutes nos attentes ? Non.

  1. Nous exigeons une séparation entre les alliances et la filiation.

  2. En tant que féministes nous ne voulons plus être enfermées dans le rôle de mère (nous venons de voir l’articulation entre la discrimination professionnelle et le rôle de mère imposé aux femmes).

  3. En tant que les lesbiennes nous souhaitons ne pas être exclues de la parentalité (adoption) et de la maternité (Procréation Médicalement Assistée) accessibles jusqu’ici exclusivement par les hétérosexuelles.

Interdire la PMA aux célibataires ou aux lesbiennes c’est confondre l’hétérosexualité, l’alliance et la procréation, de ce fait cette confusion est une atteinte à la liberté de la personne.

Aussi demandons-nous :

  1. Le droits à l’insémination artificielle :

    • sans critère médical

    • sans critère de sexualité

    • sans critère d’alliance.

Actuellement, le mari se prévaut de la paternité des enfants de son épouse, alors qu’il n’en est peut être pas le père biologique.

Nous demandons :

  1. L’abrogation dans le mariage de la présomption de paternité.

  2. L’attribution à l’enfant d’un nom de chaque parent qui le reconnaît.

Nous voulons que disparaisse toute discrimination liée à l’homosexualité pour l’accès à la parentalité.

En aucun cas l’hétérosexualité ne peut être un gage d’amour et de responsabilité, seuls le désir et l’amour de l’enfant comptent. L’enfant crée la famille (leçon bien apprise par Mme Bertinotti, ndlr)

S’opposer à cette demande en prétextant que l’homophobie risque de discriminer les enfants, c’est non seulement entretenir cette discrimination mais c’est aussi introduire une condition morale au droit à la parentalité. Ce sont des atteintes inadmissibles à la liberté individuelle.

 

Responsabilité parentale et statut du beau-parent

Dans les familles monoparentales, le parent devrait pouvoir partager la responsabilité parentale avec un tiers. Il s’agirait soit de la compagne/compagnon quel que soit son type d’alliance, soit d’un proche. Ce partage ne doit se faire qu’avec l’accord de l’enfant lorsque celui ci peut s’exprimer. Par contre, il peut se faire sans accord de l’autre parent si celui-ci n’assure pas sa propre responsabilité.

Nous proposons que la responsabilité parentale s’obtienne soit par :

  • la reconnaissance de l’enfant,

  • l’adoption,

  • le transfert

  • le partage.

Nous demandons également :

  1. La légalisation du transfert de la responsabilité parentale (autorisé à partir de l’âge de 10 ans)

  2. La légalisation du partage de la responsabilité parentale.

  3. La disparition de l’accouchement sous X.

 

Réforme des rythmes scolaires (leçon retenue par M. Peillon!)

Nous voulons :

  1. L’étude de solutions au niveau national pour développer plus largement des activités éducatives et sportives hors du cadre scolaire, de façon à ce qu’un relais éducatif soit proposé.

  2. Le développement d’équipements collectifs (crèches, services…) et l’extension de leurs horaires d’ouverture d’accueil

 

Santé

Contre le retour en arrière nous proposons :

  1. La possibilité pour les mineures d’avorter sans l’accord parental.

  2. De nouveau une formation des gynécologues, seul-e-s véritables interlocuteur-ice-s des femmes.

Pour le droit des malades nous proposons :

  1. L’interdiction sous peine de poursuites judiciaires de prescrire un traitement psychiatrique dur électrochoc ou un internement pour homosexualité.

  2. L’interdiction des discriminations des assureurs vis – à – vis des personnes présentant des maladies chroniques cancer, sida…

  3. L’interdiction des expulsions d’étrangers atteints de pathologie graves (dans un manifeste lesbien? ndlr)

Pour une véritable politique de santé publique nous proposons  :

  1. Une politique de prévention par des campagnes d’information sur les risques de sida, MST, ciblées vers les personnes ayant des comportements à risque.

  2. Des campagnes d’information sur la sexualité, la contraception.

  3. Une sensibilisation des médecins à la sexualité des lesbiennes.

  4. Une politique d’information concernant les drogues illégales.

 

CONCLUSION: à quoi bon voter, les lesbiennes ont déjà tout écrit il y a 15 ans…

Manifeste in extenso « Le Manifeste Lesbien de 1999« .

Merci au blog « La Réalité en Face » pour cette belle découverte.

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Catégories :Idéologie, Société

10 réponses

  1. Incroyable. Si on nous avait dit, en 99, qu’une grosse partie de ce délire serait appliquée en 2014…

  2. un vrai délire.
    Heureusement, les imams vont remettre de l’ordre dans tout ça.

  3. Coucou les amis, le lien étant coupé, je vous livre la sauvegarde que j’en avais faite https://docs.google.com/file/d/0B5s6b-d-5nW8c28zUjNKbzlQNFk/edit?pli=1

  4. Au bout de 10 lignes avec leurs homosexuel-l-e-, j’en ai ma dose !

Rétroliens

  1. Le manifeste réactionnaire 2014 « La droite d'avant
  2. Limites | 20 Degrés

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