Faut-il choisir entre chrétienté et christianisme?

Les aventures du Pape François à Lampedusa ne m’ont pas laissé insensible.

Je ne compte pas contester le Pape sur la doctrine catholique, il est infiniment plus compétent que moi. Qu’il ne prenne pas en considération le temporel est peut-être lié à sa fonction (ou à ses origines argentines, comme le suggère Fikmonskov).

La blogosphère catholique institutionnelle lui emboîte le pas sur le thème du drame de Lampedusa; ainsi le billet de Charles Vaugirard « les larmes de Lampedusa » et celui de Koztoujours « commencer par les pleurs« .

Sauf que moi, catholique de base, je n’y arrive pas.

Les larmes sont sélectives

Selon le texte du Salve Regina, nous vivons dans une vallée de larmes (« in hac lacrimarum valle« ). Le journal télévisé nous donne prétexte à larmes 20 fois par jour.

Pourquoi pleurer uniquement dans les domaines que nous imposent les gauchistes, le racisme et l’homophobie? Où sont les larmes de Florange? Les pleurs de Bretigny ? Les cris éplorés quand nous reviennent de jeunes soldats morts au champ d’honneur, laissant souvent femme et enfants?

Qui est mon prochain?

Même s’il n’était pas un Père de l’Église, Jean-Jacques Rousseau disait à juste titre: « Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d’aimer ses voisins ». La notion lointaine du prochain m’a toujours semblé farfelue. Aime ta femme et tes enfants, puis tes parents et ta famille, puis tes voisins. S’il te reste de la compassion, augmente les bénéficiaires de ta bonté en cercles concentriques.

Dans ces cercles, loin avant Lampedusa, je vois assez de misère concrète pour m’apitoyer. La destruction intégrale de la famille, les divorces à répétition, les hommes exsangues à payer des pensions alimentaires, des femmes isolées miséreuses, abandonnées par des hommes qui ont roulé des mécaniques mais n’ont plus beaucoup d’honneur, les enfants baladés qui souffrent psychologiquement et scolairement, le chômage de masse, voilà ce qui me tire mes larmes à moi.

Doit-on au nom du christianisme laisser tomber la chrétienté?

Parce que nous ne sommes pas cathares, nous pensons que nos chairs, nos intelligences et nos consciences vivent dans la Cité, même si nos âmes sont appelées à Dieu. La politique n’est pas moins digne que la piété, comme le corps n’est pas moins digne que l’âme.

Notre civilisation (que j’appellerai un peu vite « chrétienté ») ne peut ainsi pas tout céder au christianisme. On ne peut tendre la joue gauche en permanence quand on fait de la politique. Les Croisades étaient-elles chrétiennes, nos rois étaient-ils chrétiens? Je n’en sais rien, mais ils ont permis d’édifier la « chrétienté« . Que j’estime être un Bien.

Nous discutons du sexe des anges, alors qu’un changement de civilisation majeur approche? « C’est un peu comme si Constantinople agonisante avait proclamé un deuil national parce que certaines des échelles turques, sous les remparts de la ville, s’étaient brisées sous le poids des assaillants… » (communiqué du Parti de l’In-nocence).

Prise de Constantinople

Quand on voit ce que Constantinople et les Chrétiens d’Orient en général sont devenus, n’est-il pas légitime de chercher à conserver nos corps et nos consciences, au péril de nos âmes?

La question du Camp des Saints

Il paraît que c’est un horrible brûlot raciste. Il pose néanmoins une question cruciale à laquelle chaque chrétien devra répondre.

Pour ma part, c’est décidé, ma charité chrétienne s’arrêtera aux barbelés de ma propriété. Et ma tolérance s’exprimera à coups de 12.

Amen.

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Catégories :Europe, Immigration, Société

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51 réponses

  1. Je suis assez peu d’accord avec vous 🙂
    D’abord il est faut de dire que le pape ne prend pas en compte le temporel. Ce drame, ce n’est pas du spirituel.

    1 – En quoi le fait de dire que ce qui s’est passé à Lampedusa est un drame signifie qu’on ne peut pas dire que les autres drames actuels en sont également ? Je ne vois pas de sélectivité ici. D’autant que le pape dénonce chaque jour les autres drames qui minent nos sociétés (chômage, drogue, violence etc.).

    2 – Je suis entièrement d’accord avec vous. La logique chrétienne est bien : aime Dieu d’abord puis ton prochain immédiat (dans l’ordre : toi-même puis ta femme, tes enfants, tes parents, tes amis etc.). En revanche, l’amour ne s’arrête jamais, il se dilate. Donc, là aussi, aimer son prochain le plus proche, c’est ce qui permet d’aimer son prochain le plus lointain. Encore une fois, ce n’est pas parce que l’on est triste de cet évènement que cela nous empêche d’aimer nos prochains et d’êtres tristes pour les drames qui nous sont proches. J’oserais même dire, d’autant plus.

    3 – je passe sur ce paragraphe, il me semble vouloir ériger le christianisme (ma religion) en une valeur civilisationnelle. En d’autres termes, on l’instrumentalise. La Foi chrétienne ce n’est pas ça.

    4 – Votre conclusion est malheureusement regrettable, une charité chrétienne n’a pas de frontière (même si j’ai bien compris que vous aviez sans doute l’intention de finir sur une note d’humour provocante 😉 ).

    • Merci pour votre commentaire argumenté.

      1. Il y a tant de drames que je suis surpris que seuls certains soient repris en boucle. La caisse de résonance des médias filtre évidemment toujours dans le même sens.

      2. L’amour se dilate… Je le trouve tellement rétracté en France, l’amour, que je suggère juste de recommencer par les bases. Je pense aimer ma femme, mes enfants, mes parents. Mes voisins, c’est déjà plus dur, je commence le tri. Ainsi, les chrétiens en Syrie sont plus mes frères que les naufragés de Lampedusa. Bref, chez moi, l’amour est une valeur rare que j’affecte en priorité. Mais je ne baigne pas assez dans les effusions de l’Esprit, probablement.

      3. C’est justement le paragraphe où j’expose ma divergence avec le Pape. Je ne dis pas que le Pape a tort et qu’il n’est pas catholique. Je ne me permettrais pas. Je prends juste acte que sur cette dimension importante, je me sens plus enclin à défendre ma civilisation (que j’ai nommé la chrétienté, mais qui est une construction politique avec plein de chrétiens, et non une construction chrétienne vivant uniquement de principes chrétiens). Je suis donc un mauvais catholique. Après tout, je ne suis qu’une brebis égarée de plus, et je suis certain que l’épiscopat ne me jugera pas et continuera à m’accueillir tel que je suis 🙂

      4. A la lumière de mes précisions du paragraphe 3), vous comprendrez que ce n’est pas une boutade. Le fait de mettre des frontières, de limiter l’accès aux flux migratoires, c’est une décision politique de limiter notre charité chrétienne. Si le politique abandonne cette donnée traditionnelle (certains intellectuels comme Régis Debray ont magnifiquement traduit le bienfait de la frontière), je la reprendrais à mon compte personnel. Et absolument sans haine.

  2. C’est bien faible comme réflexion.

    . Je ne crois pas qu’on puisse accuser le pape « d’aimer les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins ».

    Du coup, on ne comprend pas vraiment pourquoi votre premier paragraphe laisse entendre que vous allez commenter ou réfléchir sur les propos du pape, alors que finalement vous commentez l’attitude de ceux qui prétendent aimer leurs frères éloignés et finalement ignorent leurs voisins. Ça n’a rien à voir avec le propos ni avec l’attitude du pape.

    . Vous devriez préciser si votre commentaire se place dans le cadre d’une pensée catholique ou non. Par exemple, comme l’a noté également Basta ci-dessus, je ne crois pas que les notions de Charité et de prochain impliquent une limite, même si elles sont effectivement censées se pratiquer de proche en proche.

    Puisqu’il s’agit de reprendre les termes chrétiens de « Charité » et de « prochain », alors je ne crois pas me rappeler dans les Évangiles d’une phrase comme « et s’il vous reste de la compassion ».
    Que pour autant cette compassion doive être vraie, véridique, et ne pas forcément chercher à tout prix à s’étaler en public uniquement sur les sujets à la mode et les mieux en vue, là, d’accord – c’est alors à d’autres passages des Évangiles que nous ferions référence, notamment ceux où il nous est demandé de ne pas courir nous montrer sur les places publiques les vêtements déchirés et la tête ostensiblement couverte de cendres.
    (non pas que ce soit l’attitude du pape, mais puisque en fait vous semblez critiquer l’attitude de certains catholiques empressés à se montrer plutôt que celle du pape…)

    . Concernant le parallèle entre ce naufrage et le siège de Constantinople, quitte à citer telle quelle cette phrase, vous auriez au moins pu l’analyser et la commenter que la reprendre d’emblée à votre compte :
    parce que, bon, les Turcs assiégeant Constantinople y étaient en armes, il me semble, avec la ferme intention d’y entrer en conquérants ; pas vraiment de rapport avec des réfugiés entassés sur une embarcation de fortune.
    Donc, en fait, rien à voir et cette phrase est objectivement d’une absurdité évidente.

    (et qu’on ne vienne pas me dire que les réfugiés d’aujourd’hui sont l’équivalent des janissaires ou des archers d’alors : à l’époque aussi cela existait, les réfugiés fuyant d’un pays à l’autre, et ce n’étaient pas les mêmes que ceux qui montaient les échelles.)

    . La Charité, justement, nous enjoint de ne pas commenter la dernière phrase. (même et surtout s’il s’agissait d’umour)

    • Ma femme vient de faire le même commentaire que vous, sur le fait que j’ai l’air d’accuser le Pape. Je ne fais pas de procès au Pape pour mauvais catholicisme, je m’estime mauvais catholique face à l’enseignement du Pape. Autrement dit, je ne juge pas l’institution en fonction de mes désirs, je me positionne par rapport à cette institution.
      Ensuite, en réponse au commentaire de Basta, je précise que je n’accuse pas le Pape d’aimer plus les tartares que ses voisins. Mais le tambour médiatique bat son plein sur Lampedusa, et c’est bien cela qui m’agace. Que le Pape fasse le boulot qu’il estime être celui de Pape sur le sujet, très bien. Et comme vous le dîtes vous-mêmes « en fait vous semblez critiquer l’attitude de certains catholiques empressés à se montrer plutôt que celle du pape… »

      Je ne me place pas dans le cadre d’une pensée catholique. Je crois même préciser que je suis assez mauvais catholique. Je suis encore moins théologien ou moraliste. Ainsi, je ne parle pas des limites de la charité comme « concept » chrétien, je parle des limites de ma charité. Et j’ai des doutes sur le fait que tous les gens qui s’émeuvent ne pratiquent pas eux aussi une charité sélective.

      Sur Constantinople, si vous me permettez un commentaire fraternel, je trouve votre pensée à vous un peu faible (car je ne doute pas que vous avez écrit votre remarque liminaire « C’est bien faible comme réflexion » dans un pur esprit de correction fraternelle). En effet, les passagers de Lampedusa ne sont pas armés d’arcs et de flèches, et ils ne se pensent pas en conquérants. Et il n’y a pas de défenseurs sur les murs de la citadelle. C’était assez flagrant pour que je le remarque. Mais le résultat de cette migration est exactement le même qu’une invasion militaire. Elle se déroule sous un temps plus long qu’un siège formel. Les défenseurs sont assoupis, des ennemis intérieurs ont ouvert les portes. Il se déverse en France plus de 200 000 migrants par an. Vous pouvez trouver cela absurde (dans la veine du ça ne changera rien, la France a connu beaucoup de migrations, on ne peut pas se recroqueviller dans une forteresse, les malheureux fuient la misère, on se doit de les accueillir), je trouve au contraire cela très raisonnable comme perspective. D’autant plus raisonnable que l’on interdit toute statistique ethnique (qui pourrait objectiver quelque peu notre désaccord avec des chiffres) et que l’on a jamais fait le moindre référendum sur la question. Vous vous placez sous l’angle des intentions, je me place sous l’angle des conséquences. Et ayant habité de longues années en Afrique, Moyen-Orient et Amérique du Sud, j’ai une idée assez précise des conséquences.

      C’est assez perturbant pour un catholique de penser la question de l’immigration massive (qui se borne à proposer des modèles de développement en Afrique). Je reconnais humblement que sur la question, je suis un mauvais catholique.

      Quant à la conclusion, ce n’était pas de l’humour. Elle vous donne juste un aperçu de l’état d’exaspération profond dans lequel sont de nombreux Français (à rapprocher évidemment du bijoutier de Nice, qui, bien que n’étant pas dans son droit, a reçu un large soutien). Je suis heureux de vous faire toucher cette réalité du doigt.

    • Par ailleurs, je connaissais un bon abbé qui correspondait à Armel H. Une coïncidence?

  3. C’est bien faible comme réflexion.

    . Je ne crois pas qu’on puisse accuser le pape « d’aimer les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins ».

    Du coup, on ne comprend pas vraiment pourquoi votre premier paragraphe laisse entendre que vous allez commenter ou réfléchir sur les propos du pape, alors que finalement vous commentez l’attitude de ceux qui prétendent aimer leurs frères éloignés et finalement ignorent leurs voisins. Ça n’a rien à voir avec le propos ni avec l’attitude du pape.

    . Vous devriez préciser si votre commentaire se place dans le cadre d’une pensée catholique ou non. Par exemple, comme l’a noté également Basta ci-dessus, je ne crois pas que les notions de Charité et de prochain impliquent une limite, même si elles sont effectivement censées se pratiquer de proche en proche.

    Puisqu’il s’agit de reprendre les termes chrétiens de « Charité » et de « prochain », alors je ne crois pas me rappeler dans les Évangiles d’une phrase comme « et s’il vous reste de la compassion ».
    Que pour autant cette compassion doive être vraie, véridique, et ne pas forcément chercher à tout prix à s’étaler en public uniquement sur les sujets à la mode et les mieux en vue, là, d’accord – c’est alors à d’autres passages des Évangiles que nous ferions référence, notamment ceux où il nous est demandé de ne pas courir nous montrer sur les places publiques les vêtements déchirés et la tête ostensiblement couverte de cendres.
    (non pas que ce soit l’attitude du pape, mais puisque en fait vous semblez critiquer l’attitude de certains catholiques empressés à se montrer plutôt que celle du pape…)

    . Concernant le parallèle entre ce naufrage et le siège de Constantinople, quitte à citer telle quelle cette phrase, vous auriez au moins pu l’analyser et la commenter que la reprendre d’emblée à votre compte :
    parce que, bon, les Turcs assiégeant Constantinople y étaient en armes, il me semble, avec la ferme intention d’y entrer en conquérants ; pas vraiment de rapport avec des réfugiés entassés sur une embarcation de fortune.
    Donc, en fait, rien à voir et cette phrase est objectivement d’une absurdité évidente.

    (et qu’on ne vienne pas me dire que les réfugiés d’aujourd’hui sont l’équivalent des janissaires ou des archers d’alors : à l’époque aussi cela existait, les réfugiés fuyant d’un pays à l’autre, et ce n’étaient pas les mêmes que ceux qui montaient les échelles.)

    . Vous nous donniez des leçon de Charité en nous rappelant que c’est autour de nous qu’il faut commencer… et finalement vous réduisez votre souci à votre seule petite propriété que vous voulez barbeler ?
    Tout cela est un brin incohérent.

  4. Je vous en prie et je vous retourne le compliment pour votre réponse.

    1 – on est d’accord. Faute des médias, pas du Pape dans ce cas. Lui-même a justement fustigé ce zapping du drame ou on passe de l’un à l’autre sans en avoir rien à faire de creuser la profondeur de ces maux.

    2 – Ah, tiens, je trouve parfois plus facile d’aimer son voisin qu’on voit de temps en temps que sa femme qu’on voit tous les jours et que parfois… [censuré] 😉
    Blague à part, pour l’exemple des chrétiens en Syrie, si je suis plus facilement touché par leur sort, je ne fais pas de hiérarchie entre eux et Lampedusa. D’ailleurs, pour Jésus, dans l’Amour la seule hiérarchie qu’il nous donne c’est Dieu d’abord (car source de l’amour, il purifie notre petit amour merdique) ensuite mon prochain. Par contre, si mon humanité m’empêche de vivre pleinement cet amour avec tout le monde, ce n’est pas pour autant qu’un prochain « vaut » plus qu’un autre. Il y a un ordre logique, dû à ma finitude mais pas un ordre dans la dignité de mon prochain. En clair, tout prochain, quel qu’il soit, est aussi digne de mon amour qu’un autre.
    Quant à l’amour, pour moi, ce n’est pas une valeur 🙂

    3 – OK, je comprends mieux ce que vous voulez dire. Même si de racines chrétiennes, il n’y en a plus grand chose aujourd’hui…

    4 – Je comprends ce que vous voulez dire mais je m’entête. La charité n’a pas de limite. Ce qui ne veut pas dire qu’elle se refuse à toute frontière car celle-ci peut être garante du Bien Commun. C’est cela que vise le politique. Ainsi, il sera charitable de veiller sur ces frontières pour garder un équilibre nécessaire au Bien Commun. En revanche, c’est à votre image que je me référais, il sera beaucoup moins charitable de tirer à vu sur ceux qui s’en approchent.
    Enfin, sur nos frontières, je vois ici ou là que certains ont peur qu’elles tombent. Je n’y crois pas, personne n’en a parlé. En revanche, le système économique en place favorise largement les mouvements de population que ni eux (ceux qui viennent) ni nous ne souhaitons vraiment.

    • Vous me faites réaliser que ma méthode de production de billets est assez rudimentaire. J’ai la mauvaise habitude de ne pas me relire, ni de me faire relire. Ce qui donne lieu à des imprécisions qu’Armel H et vous relevez. Nous ne serons pas d’accord au final, mais j’aurais pu vous éviter de perdre du temps.
      Quant à la garde charitable des frontières, que comptiez-vous faire de ces 400 malheureux?
      (pour le système économique, nous sommes d’accord)

      • Vous me posez une question à laquelle je n’ai pas de réponse. En tout cas, faire le maximum pour ne pas qu’ils sombrent c’est un début. Mais là je ne connais absolument pas les circonstances de l’accident. Je ne sais pas si c’était possible et j’ose même penser que l’esprit marin aurait pousser n’importe quel navire à proximité à aller à leur rescousse donc je ne jette aucune pierre si ce n’est sur notre responsabilité à tous dans l’édification du système économique où nous vivons.
        Sur le sort de chacun d’eux, je ne peux non plus me prononcer, il peut y avoir des réfugiés politiques pour lesquels un renvoi signifie la mort, des enfants battus, violés, des femmes rejoignant leur époux… Je ne peux absolument pas répondre à cette question, le problème est trop complexe et nécessite un travail de fond et de terrain qui prend du temps.

  5. Lorsqu’on écoute les ethnomasochistes, cathos ou athées, sur ce plan ils se valent, l’Occident serait responsable de ce qui se passe, notamment ce cortège habituel de drames humains.

    Ce que je vois, c’est que l’Occident, à travers la colonisation – le sujet n’est pas de savoir si ce fut bien ou mal, ça a été, that’s all – a doté l’Afrique d’écoles, d’hôpitaux, d’administrations, de routes, etc. et que 50 ans après la décolonisation il ne reste presque rien de tout cela, sinon des ruines mal entretenues de surcroît.

    Ce que je vois, c’est que des sommes colossales, qui se chiffrent en milliards d’euros, ont été déversées par l’Occident en Afrique. Que faute d’avoir imaginé des structures de contrôle quant à l’utilisation de ces sommes, elles se sont évaporées dans des paradis fiscaux, permettant aux Bongo et autres démocrates éclairés de devenir propriétaires de rues entières dans les beaux arrondissements parisiens.

    Ce que je vois, c’est que ces pratiques, appuyées par l’annulation régulière de la dette de ces pays a entretenu une forme d’irresponsabilité, d’infantilisation des gouvernants comme des peuples.

    Ce que je vois, c’est que c’est l’Occident et quasiment lui seul qui envoie des médecins, des tonnes de médicaments, des tonnes de vivres en Afrique, qui finance et réalise des campagnes de démoustication afin de lutter contre le paludisme.

    Ce que je vois, c’est que l’Occident à travers l’ONU a envoyé à de nombreuses reprises des casques bleus qui ont payé le prix fort, d’autant que ces soldats n’ont quasiment que le droit de se faire allumer sans répliquer.

    Il est donc, à mon sens, infondé de parler d’insensibilité et de responsabilité de l’Occident.

    Il me semble par ailleurs me souvenir que la majorité de ceux qui tentent illégalement d’entrer chez nous sont musulmans. Pourquoi les belles âmes demandent-elles que nous ouvrions un peu plus nos frontières, nos portefeuilles, alors que les riches monarchies pétrolières se foutent bien du misérable sort de leurs frères en religion, méprisant au passage l’obligation de charité qui figure pourtant dans leur saint coran ?

  6. J’ai noté qu’aucun autre « clergé » que le romain n’a fait émergé au-dessus de l’écume médiatique des jours une déclaration sur la noyade de Lampeduza. Sous réserve d’enquête, rien du côté du temple, de la mosquée, de la synagogue ou de la pagode. Les premiers coupables sont les passeurs et pas la capitainerie du port comme on l’insinue.
    Sur le fonds, le défi africain est d’une telle importance qu’il doit être relevé à la source des problèmes et que cela ne se fera pas sans recolonisation du continent, au meilleur prétexte venu. Les pouvoirs locaux sont incapables d’affronter leurs propres réalités. Les exemples abondent.
    Qui en Occident aura le courage de déclarer la guerre à la corruption et à l’incompétence ?

    • « Qui en Occident aura le courage de déclarer la guerre à la corruption et à l’incompétence ? »

      Avant de s’occuper de l’Afrique nous devrons commencer par un grand nettoyage chez nous. Autant dire qu’à moins de faire couler le sang, ce n’est pas près d’arriver.

      • Désignation des parlementaires par tirage au sort. Tous les parlementaires exécutent les ordres de leurs partis. Ils peuvent aussi influencer leurs camarades sur des sujets importants que leur soufflent des cabinets de lobbying (au moment où ils ne sont que 20 dans l’hémicycle, pour voter des lois sur les éthylotests des copains ou autres). Ils ne servent plus à rien en tant qu’individus.
        Une monarchie absolue aurait de la gueule, mais ça risque de ne pas arriver tranquillement.

    • J’émets de grands doutes sur le fait qu’une colonisation rendrait le système politique plus vertueux. A mon avis c’est à chaque peuple de régler cela. Ce qui demande du temps (plusieurs décennies ou siècles). L’ingérence en la matière serait à mon avis dévastatrice. Sans compter que l’Afrique est devenue un échiquier mondial.

  7. Le christianisme est un couteau dont on a changé le manche et la lame. Il n’existe absolument aucun rapport entre les croyances et les valeurs des hommes qui ont bâti les cathédrales, et celles de ceux qui se disent chrétiens aujourd’hui.

    L’assumer, c’est d’abord arrêter de s’intéresser à ce que pensent les néo-chrétiens, au motif que nos racines chrétiennes doivent être prises en compte. C’est une arnaque intellectuelle, une homonymie trompeuse. Les hommes qui ont fait l’Europe n’étaient pas de la même religion que François et Koz.

    Enfin, il est peut-être tant de poser sérieusement la question de la légitimité qu’ont les néo-chrétiens à utiliser d’anciens lieux de cultes, bâtis par des hommes qui n’étaient pas de leur foi, pour des cérémonies qui ne ressemblaient pas aux leurs. Ou alors, qu’on prête aussi les églises aux musulmans : ils ont autant ou davantage en commun avec les chrétiens d’avant que les néo-chrétiens.

    • J’avoue ne pas être un spécialiste en la matière, mais les différences au moins de discours entre les prélats d’hier et d’aujourd’hui me semblent réelles.
      Selon vous, de quand date la rupture?

      • Si j’étais un tradi, je vous dirais bien Vatican II, mais ce serait une plaisanterie. Pour moi, c’est un processus en plusieurs étapes dont les premiers signes se font sentir sous l’influence de la Réforme, dès le XVIème siècle.

    • C’est vrai que la foi chrétienne a bien changé dis donc. Les grands dogmes auxquels croient les catholiques d’aujourd’hui datent de :
      – 325 : 1er concile de Nicée : « vrai Dieu de vrai Dieu, engendré et non créé, consubstantiel au Père »
      – 381 : 1er concile de Constantinople : l’Esprit Saint, consubstantiel au Père
      – 431 : concile d’Ephèse : Marie mère de Dieu
      – 451 : Jésus, vrai Dieu et vrai Homme

      Alors la Foi des bâtisseurs de Cathédrale faudra m’expliquer ce que c’était parce que la mienne c’est celle-là…

      • Et croyez-vous que saint Christophe avait une tête de chien ? Que tuer les païens est un malicide ? Que les hommes morts sans baptême vont en enfer ? Que Dieu a envoyé aux rois de France les armoiries aux fleurs de lys ? Que les reliques des saints guérissent les maladies ?

        Tocard.

      • La foi des hommes du moyen-âge les a poussés à se lancer dans le long périple de la première croisade pour libérer ce Saint-Sépulcre qu’ils aimaient du même amour qu’ils portaient aux leurs. La foi de ces hommes ne les a jamais poussés à se rouler dans les délices du relativisme en affirmant que les musulmans sont nos frères, que nous faisons partie des religions du Livre (belle arnaque lancée par les musulmans au passage). La foi de ces hommes n’a jamais poussé un prélat de l’Eglise à affirmer à qui veut l’entendre qu’il sait et récite la cha’ada et qu’il lui arrive d’aller au chevet d’un musulman à l’article pour la dire avant qu’il ne trépasse, si par malheur aucun imam n’est disponible.

        Aimer ses ennemis n’a jamais empêché de les combattre et encore moins de défendre sa Patrie de ce qui s’apparente à une invasion.

  8. Merci pour l’insulte, je passe mon chemin devant tant de charité chrétienne.

    Vous confiant dans ma prière.

    • « Sur quelque préférence une estime se fonde,
      Et c’est n’estimer rien qu’estimer tout le monde. »

      Notez bien qu’avec le verbe aimer, ça marche aussi.

      • Va falloir relire l’Évangile cher ami. Ou alors, peut-être, n’êtes vous pas chrétien ? Parce que « aimez vos ennemis », cela veut bien dire aimez tout le monde. Avec le verbe aimer.

  9. Le coup des Evangiles ! On ne me l’avait jamais sorti, dites donc ! Il faudrait inventer un équivalent du point Godwin pour les rigolos qui exhument les Evangiles dans une discussion.

    Appelons ça le « point Godlose », par exemple.

  10. Vous me reprochez de parler des Evangiles lorsque vous me dîtes que l’amour se doit d’être sélectif. Au temps pour moi, alors. J’aurais aussi pu citer tous les papes, tous les saints et tous les pères de l’Eglise. Je m’en excuse.

  11. J’aurais même pu avoir l’outrecuidance de citer le CEC !

    • « – Du CEC, ô Ciel! du CEC! Il sait du CEC, ma sœur!
      – Ah, ma nièce, du CEC!– Du CEC! quelle douceur!
      Quoi, Monsieur sait du CEC? Ah permettez, de grâce
      Que pour l’amour du CEC, Monsieur, on vous embrasse. »

      • La conversation avec vous est chose mystérieuse où le dédain à votre interlocuteur laisse malheureusement sans voix. C’est bien dommage. Malgré vous, je vous le dis, je vous aime.

  12. Nous avons donc un point commun : moi aussi, je m’aime.

  13. Pour ma part, je ne vois aucune objection à ce que vous écrivez.
    Je rajouterais un éclairage sur l’aspect « invasion ». Les pauvres hères qu’on retrouve sur les plages de Lampedusa rêvent d’un monde où ils soient SUJETS, et non objets de l’arbitraire des roitelets qui les parasitent. Ils entendent parler de ce pays de cocagne qu’est l’Europe, où le miel et le lait coule à flot. Un passeur truand leur vend le rêve à 2500 $. Un mafieux politique est bien content de voir partir les plus entreprenants des idéalistes qui pourraient un jour lui rappeler violemment de s’occuper du bien-être de son peuple. Et certains leaders politiques avec des visées revanchardes, et parfois une vision du monde leur donnant héritage de la terre pour des raisons liées à leur appartenance à une culture religieuse, voient eux une vraie invasion avec ces pauvres hères. Relisez les mots de Boumediene mis en exergue du camp des saints par Jean Raspail.
    AU-CUN leader du tiers-monde ne s’est à ma connaissance jamais désolidarisé de ces propos.
    Je pense donc que la comparaison avec Constantinople avancée par le Parti de l’Innocence est donc raisonnablement fondée pour analyser la situation actuelle.

  14. Le Vatican est non seulement prêt à remplir ses églises avec n’importe quel déchet humanoïde, mais verrait d’un bon oeil un métissage généralisé qui ramènerait la population européenne au niveau d’inintelligence du haut Moyen-Âge, et qui lui permettrait de régner dessus un millénaire supplémentaire. L’Eglise a toujours pratiqué la contre -sélection raciale : dès les derniers temps de l’Empire Romain, lorsque les conditions sociales étaient telles que quiconque désirait une vie paisible et studieuse se trouvait contraints de chercher un refuge contre la violence des temps dans des monastères, elle a tenté de leur imposer le célibat, privant ainsi l’Occident naissant de la descendance de ces esprits. Après la chute de Rome et tout au long du Moyen-Âge, les éléments intellectuellement prometteurs furent récupérés, surtout à partir de l’école obligatoire voulue par Charlemagne : les religieux chargés de l’éducation des enfants, dès qu’ils repéraient les plus intelligents, les extrayaient du lot, les tonsuraient et les intégraient dans le clergé, où ils étaient censés ne point se reproduire, ou en tous cas moins que le reste de la population.

    Les adultes émancipés de la superstition biblique, progressistes ou intellectuels, furent éliminés avec persistance sur une large échelle par la persécution, la mise à mort, l’emprisonnement et le bannissement, laissant la perpétuation du peuplement aux brutes, aux serviles et aux crétins. L’Eglise Romaine a ainsi drastiquement diminué la puissance cérébrale de l’Europe, et si beaucoup de religieux n’étaient passé outre et n’avaient baisé quand-même, l’Occident serait devenu un des ces civilisations figées comme on en trouva en Ancienne Egypte ou en Asie.

    On ne pouvait imaginer meilleure méthode pour éliminer les lignées de génie des nations, car dans les monastères, à coté d’un réel enseignement, les moines étaient soumis à un conditionnement sous la forme d’un système d’interruption du sommeil : réveillés plusieurs fois par nuit pour aller dire des prières, on leur faisait toute leur vie répéter en boucle d’abrutissants versets hébraïques. Jamais un religieux ne pouvait connaître un temps de sommeil complet, et la même antienne était imposée pendant les repas. La Réforme mit progressivement fin à tout cela, mais non sans mal car l’Eglise, plus prompte à pardonner aux malandrins, assassins et autre délinquants de droit commun, qu’à ceux qui osent penser et réflechir hors du champ des Ecritures, se déchaîna à leur encontre. Une autre élimination d’intelligence eut lieu en Italie Septentrionale, en France et aux Pays-Bas ou des centaines de milliers de huguenots furent tués ou exilés. En Espagne seulement, de 1471 à 1781, l’Inquisition condamna au bûcher ou à la prison une moyenne de 1000personnes/an. Durant ces trois siècles, pas moins de 32000 personnes furent envoyées au bûcher, 291000 condamnées à la prison et 17000 brûlées en effigie pour s’être enfuies ou l’étranger, ou être mortes en prison.

    Ne disposant plus de ces moyens, mais n’ayant pas renoncé à son rêve de domination planétaire, l’Eglise se tourne donc maintenant tout naturellement vers cette autre méthode d’amoindrissement de la valeur raciale : le métissage par l’immigration constante et massive par ce que le reste du monde vomit de pire.

    • Hum… « Après la chute de Rome et tout au long du Moyen-Âge, les éléments intellectuellement prometteurs furent récupérés, surtout à partir de l’école obligatoire voulue par Charlemagne… » J’ai arrêté la lecture là. Comme historienne, France Gall n’a jamais vraiment été ma tasse de thé.

    • La grippe espagnol a tué plus de gens que le premier conflit mondiale, encore un complot de la Sainte Inquisition

  15. N’ étant pas catholique, je regarde ce pape comme un people qui a l’assentiment des médias et c’est en cela qu’il me déplaît.

    Je citerais Phaedre « Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles sembles êtres, donc on se laisse tromper par les apparences. Rares sont ceux qui ont l’intelligence de voir ce qui se cache derrière le masque. »

    Ce pape est une marionnette, reste à savoir qui est me marionnettiste.

    • C’est effectivement surprenant de voir un Pape populaire dans les média. Quand on regarde ce que ces derniers ont fait comme dégâts, on aurait raison de se méfier des gens qu’ils encensent.
      Néanmoins, je reste un irrémédiable papiste.
      Sur Lampedusa et l’immigration, je le vois mal dire autre chose que ce qu’il a dit (Benoît XVI avait d’ailleurs tancé le précédent gouvernement sur ses gesticulations romesques).
      J’aimais bien l’intransigeance du discours de B16 sur la vérité du dogme catholique et les dangers du relativisme, je comprends moins les atermoiements du Pape François sur le sujet (cf. son interview dans la Republica). Sur le reste, il me semble dans la lignée de ses prédécesseurs.

      Pour vous, en tant qu’extérieur au bal, est-ce qu’un Pape vous semblait moins « people » que les autres?

      • J’ai connu 4 papes avant celui ci, j’ étais trop jeune pour savoir si Paul VI était un chef de l’ église catholique romaine à la hauteur, le pontificat de Jean-Paul 1er fut trop court, il y a Jean-Paul 2 qui fut plus un politique qu’un véritable pèlerin de Dieu , reste Benoît XVI, il est un grand théologien et reste pour moi le seul pape digne du Saint Siège et c’est pour cela peut être qu’il fut la cible des progressistes.

        Je pense qu’on la poussez vers la porte, il devenait trop gênant et on utilise plus le poison depuis les Borgia.

        • J’aimais beaucoup Benoît XVI. Pour le nouveau Pape, il faut se méfier du fait que ce que l’on en voit est filtré par les médias. Des gens peu suspects de progressisme trouvent sa liturgie très carrée et son message au moins aussi musclé que son prédécesseur.
          Il se définit lui-même comme étant filou. Je ne sais pas s’il arrivera à filouter avec les médias, dont la filouterie est proverbiale.

      • Il ne faut pas oublier que c’est un jésuite et qu’en temps que tel, il pratique avec doigté l »hypocrisie e dans la définition étymologique en tant qu’acteur, ne dit on pas dans le langage populaire des jurons, le nom de « jésuite » voire d’acteur.

        Alors pourquoi pas, je le mettrais sous surveillance.

    • Je le noterais D.D.P (Drôle De Pape)

  16. Au moins, vous avez le mérite d’être clair : « aux chiottes le christianisme, ses principes et sa doctrine pourvu que je puisse avoir le pouvoir de l’empire chrétien ! »

    Quand on explique que sa charité chrétienne s’arrête aux barbelés de sa propriété et que le reste se règle à coup de 12, on dit clairement qu’on n’aime pas son prochain. Le voisin ? Il se prendra un coup de fusil.

    Le souci là dedans, c’est qu’à différencier chrétienté et christianisme, on perd vite le christianisme et un peu après, on perd la chrétienté puisqu’on en a oublié les principes.

    La preuve, c’est le rappel au sort de Constantinople en 1453 : Manuel II Paléologue, cinquante ans avant la chute de l’empire, a passé trois années à vainement tenter de convaincre les princes de la « chrétienté » de lui venir en aide.

    Ces derniers lui ont tous rétorqué que Constantinople c’était loin, c’était schismatique et que ma foi, ils arrêtaient leur charité aux barbelés de leur royaume.

    Vous pleurez sur la chute de Constantinople mais votre comportement justifie l’isolement qui a mené à sa chute.

    • « aux chiottes le christianisme, ses principes et sa doctrine pourvu que je puisse avoir le pouvoir de l’empire chrétien ! » Disons en effet que je fais une sélection, essentiellement sur les questions d’immigration. Peut-être qu’en rejetant cette partie de la doctrine, je doive tout jeter aux chiottes. Mais laissez-moi cette illusion!

      Sur les barbelés, je n’applique pas ce genre de comportements avec mes voisins (pour plein de raisons). Il y a donc des prochains que j’aime plus que d’autres.

      La « chrétienté » a été bâtie par des gens qui étaient de piètres chrétiens dans les faits, si ce n’est qu’ils avaient l’intime conviction qu’ils allaient être jugés. Donc je ne suis pas sûr que la stricte concordance entre christianisme et chrétienté soit une condition nécessaire pour le succès de l’empire. Je pense au contraire que c’est l’acceptation du principe divin (le monarque n’a pas de compte à rendre devant la constitution, mais devant Dieu) qui a permis l’édification de l’empire.

      Quant à vos remarques sur Constantinople assiégée par les Ottomans, c’est bien la preuve que les monarques de la chrétienté étaient peu chrétiens, sans que ça ne les ait empêché de bâtir la chrétienté. Et pour poursuivre votre raisonnement, par pure charité chrétienne, nous aurions dû nous mettre au service des milices chrétiennes au Liban ou des forces de Bachar-Al-Assad en Syrie aujourd’hui. Mais nous avions aussi sans doute de bonnes raisons.

      • Je vous laisserais bien vos illusions mais ce n’est pas très charitable, les illusions sont dangereuses, surtout pour celles et ceux qui les ont.

        Il y a deux soucis avec votre position : difficile de se réclamer du christianisme et de prétendre que la réforme du mariage le met à mal quand vous faites vous même un tri drastique dans ses valeurs et que vous en rejetez une encore bien plus centrale.

        La seconde, c’est que, patriote français, vous oubliez bien vite que notre pays est le fruit d’une très longue histoire de l’immigration : celtes, puis grecs, romains, goths, burgondes, alains, vandales, francs, germains,maures, scandinaves, anglais, espagnols, italiens,, polonais etc … la situation géographique de notre pays en fait une terre de passage ou un pays d’adoption en raison de la richesse de ses terres. Nous sommes le fruit de cette longue histoire, de la Bretagne (anciennement Armorique) à la Bourgogne, (terre des burgondes) en passant par la Normandie, nos régions gardent dans leurs noms cette accumulation d’immigration.

        L’immigré d’aujourd’hui pourrait fort vraisemblablement devenir une nouvelle racine de ce pays ancien. C’est ce que nous enseignent les livres d’histoire. En un sens, c’est peut être le cadeau que nous faisons aux générations futures. Allez savoir.

        Maintenant, je ne vais pas batailler avec vous sur la dichotomie entre christianisme et chrétienté. D’autres, mieux que moi, vous ont exposé l’aspect maurrassien de votre pensée. Sachez tout de même que le christianisme n’a pas disparu des balkans, de Constantinople et d’Asie mineure avec la conquête ottomane. Les grandes églises ont été converties, quelques unes rasées car ruinées. Mais pas toutes. Le Patriarchat a continué à vivre, sous la protection du sultan et quelque part, l’empire vit encore puisque le nom turc des grecs est roumis : romains. Il a fallu en fait la guerre greco turque de 1922 1924 pour que la division religieuse des peuples se traduise sur un plan géographique. Les mosquées de Grèce ont fermé, les églises turques aussi, encore que pas toutes.

        Le monde est complexe, tout en nuance et demi teinte. C’est un constat difficile pour les gens qui ont une pensée philosophique et idéologique tranchée. Si je peux vous donner un conseil, c’est de garder votre pensée, elle est vôtre et légitime, mais tout compte fait, de ne pas vous illusionner. Vous courez le risque, un jour, de ne plus comprendre le monde. Il faut dire qu’il vit sans illusion, lui. Il n’a pas le temps d’en avoir. Et si vous avez du mal, faite donc ce geste qui est parfois si dur à droite : demandez de l’aide. Il y aura parmi vos amis des gens pour vous accompagner. Encore faut-il qu’ils puissent franchir vos barbelés ! 😉

        Cordialement, M.

        • Alors là je ne vous comprends plus.
          Pour le mariage, on peut garder l’intégralité du concept chrétien en enlevant la référence à Dieu. Les bénéfices sociaux du mariage monogame sont suffisamment établis pour que Bonaparte l’institue dans son code (avec des conditions d’ailleurs bien plus drastiques que sous l’Ancien Régime).
          Quant à l’immigration, vous mélangez allègrement l’intégration de tribus à la nation française (les Bretons) avec l’arrivée de nouveaux arrivants (les Normands). Pour les nouveaux arrivants, peut-on réellement comparer l’intégration de milliers d’européens sur des temps longs (plusieurs siècles) avec l’arrivée massive de millions d’immigrants africains sur un demi-siècle? Peut-on comparer l’intégration dans une société hiérarchisée aux valeurs affirmées à une société atomisée dont les mamelles sont laïcité, jouissance et consommation?

          Pour les populations chrétiennes en Anatolie, je reviens de Cappadoce et de son complexe de souterrains où les chrétiens se terraient pour échapper aux persécutions. Les chrétiens d’Orient sont soumis aux mêmes pressions, en Israël, en Syrie, etc. Même s’ils survivront sous d’autres formes, beaucoup préfèreraient vivre sous leurs conditions actuelles. Mais c’est un chapitre beaucoup plus long difficile à évoquer dans cette discussion.

          Quant à votre conclusion, c’est là que vous me perdez complètement. Au nom d’un certain pragmatisme, je suggère de s’éloigner du message des évangiles pour gérer la cité. Il me semble que celui qui se berce d’illusions est celui qui voudrait les accomplir intégralement.
          Cordialement aussi,
          François V

  17. Si ça peut vous consoler, droitedavant, le dilemme que vous posez en titre n’a rien de nouveau. La Varende l’a mis en scène, suite à la condamnation de l’Action Française par l’Eglise, dans un de ses livres, « Les Manants du Roi », à travers un dialogue entre un prêtre et un hobereau normand qui est son double littéraire. La Varende finit par concéder au prêtre une sorte de victoire morale, comme il le fait plusieurs fois dans ses écrits lorsque son propre porte-parole se heurte à un ecclésiastique, par esprit d’obéissance. Mais il est clair qu’en son for intérieur, il n’était pas convaincu, et le lecteur ne l’est pas forcément davantage.

    La nouvelle est dédiée « à une âme qui s’est perdue ».

  18. Je ne connaissais pas « Tel philosophe aime les Tartares, pour être dispensé d’aimer ses voisins ». [..],

    « .. je vois assez de misère concrète pour m’apitoyer. La destruction intégrale de la famille, les divorces à répétition, les hommes exsangues à payer des pensions alimentaires, »

    où j ne puis qu’ opiner .. on s’apitoie alors qu’on trouve la vieille du troisième « crevée » depuis trois semaine.. on frappe des mains aux 7 gosses allogènes mais distribuons gratos la pilule dès 13 ans.

  19. .. sachant que l’Islam ou le Judaïsme n’avortent que sur commission exceptionnelle près d’un comité de rabbins ou d’imams 😉 comme par hasard.

  20. Bonjour,

    J’arrive un peu tard dans la bataille, mais je me permets de signaler mon article fraichement écrit sur la question des rapports entre charité et immigration.

    Dans cet article je réconcilie les deux à coup de calibre 12.

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