BCE et LTRO

L’exercice télévisé de François Hollande l’autre soir nous a bien montré que la France n’a plus de marge de manœuvre budgétaire, et qu’il devient compliqué de mettre en œuvre une politique volontariste, dans un sens comme dans l’autre.

Selon le PLF 2013, la dette va représenter 22,9% des dépenses de l’Etat, devant l’Éducation Nationale (22,3%), la Défense (13%) et la Recherche (12,5%). Cette histoire de dette est des plus scandaleuses, surtout quand on comprend le mécanisme du LTRO de la Banque Centrale Européenne (BCE).

graphique, évolution de la dette des administr...

Ces espèces de fous furieux sont partis du principe que les banques finançaient l’économie. Et que si l’économie battait de l’aile, affaiblissant ainsi les banques, il suffisait d’ouvrir le robinet à liquidités (rebaptisé Long Term Refinancing Operations) pour relancer un cercle vertueux. Ainsi, la BCE prête de l’argent aux banques, à un taux de 0,75%, pour une durée longue (2-3 ans). En échange, les banques doivent apporter des garanties à la BCE, qui accepte bien volontiers les titres d’Etat. Ainsi, les banques achètent avec l’argent de la BCE des titres d’État qui rapportent facilement 5% si vous allez vers certains pays un peu exotiques de la zone Euro (la Slovénie par exemple).

Donc les contribuables paient des impôts de plus en plus lourds pour financer le coût de la dette (5%), ce coût étant reversés ensuite aux banquiers, qui n’ont fait que placer l’argent que leur a prêté quasi gratuitement la BCE (0,75%). C’est ainsi que les contribuables paient finalement les banquiers, que l’on privatise les profits alors que la dette est socialisée.

Deux choses très surprenantes:

1. Tout le monde sait qu’aucun des États ne remboursera sa dette. A quoi servent les plans de rigueur? A casser des choses aussi importantes que les allocations familiales? A détruire l’armée? A réduire le service public dans certaines zones?

2. Tous les hommes politiques savent que le retour sur la loi de 1973 (qui interdit à la banque centrale de prêter directement aux États) permettrait de dégager de substantielles marges de manœuvre. Pourquoi ne le font-ils pas? Quel peut être l’intérêt suprême de ces gens à maintenir une situation qui nous mène dans le mur? Si le salut de la France passe par une rupture avec l’Allemagne ou la zone Euro en général, pourquoi ne pas le faire?

Il est certain que nous allons à marche forcée vers la catastrophe, je suis sidéré de voir qu’aucune autre alternative sérieuse n’a été encore étudiée.

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Catégories :Budget, Economie, Europe

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